La tombe du colonel Augustin François Bisiaux à Tours
« Ici repose Augustin François Bisiaux, colonel de cavalerie en retraite, commandeur de la Légion d'honneur, chevalier des ordres de Saint-Ferdinand d'Espagne et de Léopold de Belgique. Né à Valenciennes, département du Nord, le 21 juillet 1790, mort à Tours le 28 octobre 1855 à l'âge de 65 ans. Priez Dieu pour lui. »
Des dragons à la Garde impériale
Augustin François Bisiaux, dont la tombe au cimetière Saint-Jean-de-La-Salle à Tours a attiré notre attention, est un ancien soldat de l'Empire à la carrière particulièrement longue.
Né à Valenciennes en 1790, il s'engage en 1809 au 5e régiment de dragons. Il devient brigadier puis fourrier en 1810. En 1812, il passe au 2e régiment de chevau-légers lanciers de la Garde et atteint le grade de maréchal des logis-chef en 1813. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en août de la même année.
Une carrière poursuivie sous la Restauration
La chute de l'Empire ne met pas fin à sa carrière. En 1814, il rejoint le corps royal des chevau-légers lanciers de France comme adjudant, puis devient lieutenant au 2e régiment en février 1815.
À partir du 5 mai 1819, il est capitaine en second, d'abord au 5e régiment d'Orléans. L'Annuaire de l'État militaire de la France de 1820 décrit pour cette unité un uniforme à « collet, parements et pattes de parements jonquille ». Il sert ensuite au 1er régiment de grenadiers à cheval comme adjudant-major, fonction qu'il occupe encore en 1825.
L'Annuaire de l'État militaire de la France de 1830 fournit également des détails sur la tenue de ce corps : « habit bleu-de-roi, brandebourgs blancs, passepoil bleu-de-roi ».
Campagnes et décorations
Bisiaux est titulaire de l'ordre de Saint-Ferdinand d'Espagne. Cette décoration est compatible avec une participation à l'expédition d'Espagne de 1823, au cours de laquelle la Garde royale française est engagée ; la décoration seule ne suffit toutefois pas à établir avec certitude les circonstances précises dans lesquelles elle lui a été attribuée.
Il reçoit également l'ordre de Léopold de Belgique. Là encore, cette distinction peut être rapprochée des opérations menées en Belgique au début des années 1830, mais elle doit être considérée comme un indice plutôt que comme la preuve, à elle seule, d'une participation à une campagne déterminée.
En 1839, il est nommé officier de la Légion d'honneur. Il quitte alors son grade de chef d'escadron au 9e cuirassiers et est affecté, le 19 février, au 2e régiment de lanciers avec le grade de lieutenant-colonel.
Colonel puis commandant de gendarmerie à Tours
Le 26 octobre 1843, Bisiaux est nommé colonel du 7e régiment de chasseurs à Beauvais. Une ordonnance royale du 21 février 1847 le place ensuite à la tête de la 7e légion de gendarmerie à Tours, en remplacement du colonel Reverdy admis à la retraite.
Il est élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur en 1849, au terme de sa carrière militaire.
Décès et une divergence de date
L'acte d'état civil cité dans nos sources indique qu'Augustin François Bisiaux, colonel de gendarmerie en retraite, domicilié rue des Fossés-Saint-Georges à Tours et époux de Rosalie Sturtberg, est décédé le 25 octobre 1855, décès déclaré le 27.
L'inscription de sa tombe donne cependant la date du 28 octobre 1855. Cette divergence entre l'inscription funéraire et l'état civil mérite donc d'être signalée plutôt que masquée.
Sources mentionnées
- Annuaire de l'État militaire de la France, 1820, 1830, 1845 et 1848.
- Journal militaire officiel, année 1847.
- État civil de Tours.
- Dossier de Légion d'honneur et inscription funéraire.