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Les services de l'armée

L'administration militaire de la IIIe République

Les officiers

Les officiers de l'administration portent un dolman-pelisse orné d'un parement de collet brodé, identique pour les 1ère et les 2ème classe. Sur cette photographie de 1883-1885, notre officier porte le dolman modèle 1883 décoré de la Légion d'honneur et de la campagne d'Italie (1859). Cette génération d'officier a souvent commencé sa carrière sous le Second Empire (Source, merci à Catalan pour ces informations).

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Officier, none (#38)
Ph. Ferdinand Mulnier (1817-1891) (Paris, 25 boulevard des Italiens)
1878-1885
Commandant, none (#400)
Ph. Théodore Schahl (1828-1897) (Dijon, 26 rue Chabot Charny.)
1882-1888

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Le secrétariat d'état-major

Après la défaite de 1870-1871, la réorganisation territoriale de l'armée entraîne une refonte du service des états-majors et du recrutement. Les secrétaires qui y sont affectés sont organisés en sections, liées à l'organisation territoriale. Le règlement d'habillement de 1879 les traite déjà comme une subdivision bien individualisée de l'armée.

Leur rôle est essentiellement celui de militaires employés comme scribes, commis et secrétaires : correspondance, registres, états numériques, dossiers de mobilisation, travail des bureaux des états-majors et bureaux de recrutement. Ce ne sont donc pas des combattants d'une « arme » particulière, même s'ils restent militaires.

La tunique bleu foncé, épaulettes et surtout les foudres ailés au collet, constituent leur attribut caractéristique.

La suppression du Corps d'état-major en 1880 ne bouleverse pas fondamentalement l'organisation des sections de secrétaires d'état-major et du recrutement. Chaque région/corps d'armée possède sa section de secrétaires d'état-major et du recrutement, numérotée en principe comme la région. On trouve ainsi la 1re à Lille, la 5e à Orléans, la 7e à Besançon, la 14e à Lyon, la 16e à Montpellier, etc.

Après 1900, leur rôle prend une importance croissante avec le développement de l'administration militaire et surtout la préparation de la mobilisation. Ce sont eux qui permettent aux états-majors de fonctionner administrativement.

En 1913, on compte 4 066 hommes dans les sections de secrétaires d'état-major et du recrutement. Parmi eux, 2 599 appartiennent au service auxiliaire ; les autres comprennent 472 sous-officiers, 194 caporaux et 801 soldats du service armé. Le rapport parlementaire précise quelque chose d'essentiel : ces derniers doivent fournir, lors de la mobilisation, les secrétaires nécessaires aux états-majors mobilisés.

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Secrétaire d'état-major, none (#401)
Ph. Gabriel Fondary (né 1830) (Lyon, 99 Rue de Chartres)
1872-1889
Secrétaire d'état-major, none (#399)
Ph. François Marie (né 1826) (Laval, Place de la Mairie)
1881-1900

La 20e section de Paris

Paris constitue un cas particulièrement important avec la 20e section, qui fournit notamment du personnel à l'administration centrale du ministère de la Guerre. Les secrétaires de cette section n'hésite pas à le montrer en sortant légèrement des normes dans leur attributs d'uniformes. Son existence est attestée au moins dès 1883 dans les archives militaires.

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Secrétaire d'état-major, none (#369)
Ph. Alcide Allevry (né 1854) (Paris, 14 Rue Castiglione)
1880-1905

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Les commis

Les sections de commis et ouvriers militaires d'administration (SCOA) constituent le personnel d'exécution de l'Intendance. Elles ne sont cependant pas une création de la IIIe République : quatorze sections existent déjà lorsque le décret du 2 août 1874 les réorganise et porte leur nombre à vingt-cinq.

Les sections réunissent deux grandes catégories de militaires. Les commis aux écritures assurent le travail administratif dans les bureaux de l'Intendance, tandis que les ouvriers sont employés aux différents services d'exploitation. Ceux-ci travaillent notamment aux subsistances ainsi qu'à l'habillement et au campement. Les professions civiles recherchées sont donc extrêmement diverses : employés et comptables, mais aussi boulangers, bouchers, tailleurs, cordonniers et autres ouvriers dont le métier peut être directement employé par l'administration militaire.

Les SCOA sont placées sous l'autorité de l'Intendance militaire et constituent, avec les officiers d'administration et les détachements du train des équipages, les principaux organes permettant matériellement son fonctionnement. Leur travail concerne notamment l'approvisionnement, les magasins, les subsistances, l'habillement et le campement. À la veille de 1914, chaque région de corps d'armée possède une direction de l'Intendance qui contrôle ses bureaux et établissements, desservis par une section de commis et ouvriers d'administration.

Alors que les SEMR manipulent principalement ordres, dossiers et documents de mobilisation, les SCOA permettent notamment de nourrir, vêtir et équiper les troupes.

La tenue

L'uniforme des commis et ouvriers militaires d'administration reste proche de celui de l'infanterie. La tunique modèle 1872 est en drap bleu foncé, à deux rangées de boutons. Le collet porte les distinctives de la section. Le pantalon est garance. Le képi constitue également un bon élément d'identification : il porte sur le devant une étoile, attribut caractéristique de l'administration militaire, accompagnée du numéro de la section.

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Commis première classe, 1er SCOA (#173)
Ph. Jules Ferrand (Lille, 83 rue Nationale)
1879

Les sections sont numérotées et liées à l'organisation territoriale de l'armée. Elles constituent de véritables corps militaires, avec soldats, caporaux et sous-officiers, encadrés notamment par des officiers d'administration de l'Intendance. La carrière peut d'ailleurs permettre une ascension depuis la troupe : on rencontre par exemple des hommes entrés comme simples soldats dans une SCOA, devenus caporaux puis adjudants et enfin officiers d'administration.

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Commis, 3e SCOA (#365)
Ph. « Photographie parisienne » (Rouen, 2 Rue Tanguy)
1892-1903
Intendant, 7e SCOA (#175)
Ph. Auguste Fehrz (Belfort, 3 rue du Pont neuf)
1890-1900
Commis, 8e SCOA (#387)
Ph. Piquée Georges (1867-1903) (Troyes, Place du Ravelin)
1889-1903
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Ouvrier de 1ère classe, 9e SCOA (#182)
Ph. Claude Romain (1857-1935) (Tours, 36 rue Colbert)
1901-1910
Commis, 22e SCOA (#174)
Ph. Louis (Paris, 29 Bd Saint-Martin)
1886-1890

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Le Génie

Après la guerre de 1870-1871, le Génie est profondément réorganisé dans le cadre de la nouvelle organisation territoriale de l'armée. En 1871, il comprend trois régiments réunissant des compagnies de mineurs, de sapeurs et de sapeurs-conducteurs.

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Soldat, 2e RG (#177)
Ph. Eusèbe Bras (1868-1956) (Montpellier)
1899-1914

Le régiment constitue cependant avant tout un cadre administratif. Contrairement à un régiment d'infanterie, ses unités ne sont pas nécessairement regroupées dans la ville où se trouve sa portion centrale. Les bataillons et compagnies du Génie sont répartis sur le territoire en fonction des corps d'armée et des besoins des grandes places militaires. La réforme de 1873 prévoit ainsi que chaque corps d'armée dispose d'un bataillon du Génie, comprenant plusieurs compagnies spécialisées.

Un soldat du 3e RG à Verdun

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Soldat, 3e RG (#178)
Ph. L. Girardot (Verdun, 36 rue Mazel)
1900-1910

Cette organisation explique qu'un sapeur appartenant à un régiment puisse être photographié très loin de la garnison de sa portion centrale. Le 3e régiment du Génie a ainsi sa portion centrale à Arras, tandis que certaines de ses unités sont stationnées dans d'autres places militaires. Le régiment assure l'administration, l'instruction et le recrutement de ces différentes formations.

Les missions du Génie sont particulièrement variées : travaux de fortification et de siège, sape et mine, construction et destruction d'ouvrages, établissement de ponts et rétablissement des communications. Avec les progrès techniques de la fin du XIXe siècle apparaissent ou se développent également de nouvelles spécialités, notamment les chemins de fer militaires, la télégraphie puis les transmissions.

Cette dispersion est particulièrement importante dans les grandes places fortes de l'Est, où les sapeurs participent au service et à l'entretien des fortifications et disposent d'un vaste terrain d'instruction. Verdun constitue à cet égard un excellent exemple : vers 1900, des unités du 3e régiment du Génie y sont stationnées alors que la portion centrale du régiment demeure à Arras.

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Les pompiers de Paris

Le sapeur-pompier porte le dolman adopté en 1882, en drap sombre, fermé sur la poitrine par sept brandebourgs de laine noire. Le collet droit porte les grenades sur fond de velour noir, attribut traditionnel des sapeurs-pompiers. Les boutons métalliques sont ornés du bûcher et de la mention « Sapeurs-Pompiers ». La particularité la plus remarquable de cette tenue réside dans les épaulettes constituées de mailles de fer, particulièrement bien visibles sur la photographie. Cette tenue disparaît au profit de la nouvelle tunique adoptée en 1895.

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Pompier, Aucun (#181)
Ph. Michel Angélidis (Paris, 21 rue Vauquelin)
1887-1895

Après l'agrandissement de Paris en 1860, l'ancien bataillon ne suffit plus à couvrir les vingt arrondissements. Il est donc réorganisé et devient, le 5 décembre 1866, le Régiment de sapeurs-pompiers de Paris. Il demeure une unité militaire : son organisation relève du ministère de la Guerre, tandis que son emploi opérationnel est placé sous l'autorité du préfet de police.

En 1890, le régiment est commandé par un colonel et comprend deux bataillons de six compagnies, soit douze compagnies. Il aligne 51 officiers et 1 693 hommes. Son état-major est installé boulevard du Palais et chacune des douze compagnies occupe une caserne, avec environ trois officiers et 140 hommes.

La couverture de Paris repose cependant sur un réseau plus dense que ces douze casernes. L'extension de la capitale avait entraîné la création de petits postes de ville, parfois occupés par seulement trois hommes, afin de réduire le temps nécessaire pour atteindre un incendie.

C'est aussi une période de modernisation spectaculaire des secours. Aux pompes à bras s'ajoutent les pompes à vapeur et la traction hippomobile se développe. Surtout, les casernes sont reliées par un réseau télégraphique : en 1890, celui-ci atteint environ 410 km de fils et 203 appareils d'appel, exclusivement desservis par les sapeurs.

Leur mission dépasse déjà largement l'incendie. Les statistiques de 1890 mentionnent des interventions pour éboulements, personnes tombées dans la Seine ou dans des puits, fuites d'eau et de gaz, épuisements de bateaux, ainsi que le sauvetage de personnes et même d'animaux. On est donc déjà très proche du principe moderne du secours polyvalent.

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Les services de santé

Après la défaite de 1870-1871, le service de santé militaire connaît une importante réorganisation. Il rassemble les médecins et pharmaciens militaires, chargés de la direction technique et des soins, les officiers d’administration responsables de la gestion matérielle, ainsi que les infirmiers militaires. Ces derniers sont organisés en 25 sections à partir de 1874, réparties territorialement et chargées de fournir le personnel nécessaire aux établissements sanitaires.

Les médecins militaires

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Officier médecin, none (#372)
Ph. Eugène Pirou (1841-1909) (Paris, 5, Boulevard Saint-Germain)
1887-1895

En temps de paix, les médecins servent auprès des corps de troupe, dans les infirmeries régimentaires et dans les hôpitaux militaires. Les sections d’infirmiers fournissent quant à elles le personnel des différents établissements du territoire. En cas de mobilisation, le service doit mettre sur pied les formations sanitaires de campagne permettant de recueillir, soigner puis évacuer les blessés et les malades.

L’expérience de la guerre de 1870 avait cependant révélé les graves défauts d’un service médical trop dépendant de l’administration et de l’Intendance. La loi du 16 mars 1882 constitue une étape essentielle en accordant au service de santé une véritable autonomie technique. Cette évolution se poursuit à la fin des années 1880 et contribue à faire du service de santé une branche de plus en plus spécialisée et autonome de l’armée.

La formation des médecins militaires est également réorganisée. Après la perte de Strasbourg en 1871, les futurs médecins suivent leurs études dans les facultés civiles tout en recevant une formation militaire spécifique ; la création de l’École du service de santé militaire de Lyon en 1888 marque une étape importante de cette nouvelle organisation.

À la veille de 1914, le service de santé dispose ainsi d'une organisation territoriale en temps de paix destinée à fournir, lors de la mobilisation, les personnels et formations nécessaires aux armées en campagne.

Les infirmiers militaires

À partir de 1874, les infirmiers sont organisés en 25 sections d’infirmiers militaires, réparties selon l’organisation territoriale de l’armée. Ils constituent le personnel d’exécution du service de santé et servent dans les hôpitaux militaires, infirmeries et autres établissements sanitaires. En temps de guerre, les sections fournissent une partie du personnel nécessaire aux ambulances et formations sanitaires mobilisées. Ce sont des militaires à part entière, organisés en soldats, caporaux et sous-officiers ; leur tenue permet de les distinguer des médecins et officiers d’administration du service de santé.

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Infirmier de première classe, Aucun (#176)
Ph. Ernest Woelflin (1868-1939) (Nancy, 12 rue Saint-Nicolas)
1889-1905
Infirmier-fourrier, 10e section de Rennes (#172)
Ph. Lemichel (Rennes, 6bis Rue de Bal Air)
1875-1885

Les vétérinaires militaires

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Elève vétérinaire, Ecole vétérinaire (#171)
Ph. none (none)
1866-1872

Indispensables à une armée qui utilise plusieurs centaines de milliers de chevaux, les vétérinaires assurent la surveillance sanitaire, les soins et l’hygiène des chevaux et autres animaux militaires. On les rencontre naturellement dans la cavalerie et l’artillerie, mais aussi auprès du train et de toutes les formations disposant d'animaux. Leur statut évolue fortement sous la IIIe République : longtemps assimilés à des employés militaires spécialisés, ils voient progressivement leur position et leur hiérarchie se rapprocher de celles des officiers. À la veille de 1914, le service vétérinaire constitue ainsi une véritable composante technique de l'armée, dont l'importance est directement liée à l'omniprésence de la traction hippomobile.

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